Le Casino Barrière de Lille continue de perdre de l’argent

Le Casino Barrière de Lille continue de perdre de l’argent

Il y a un peu plus d’une semaine, le conseil municipal de la ville de Lille a étudié un nouveau rapport relatif à son casino et le constat est sévère puisque le Casino Barrière de Lille perd encore et toujours de l’argent.

Malgré une activité qui a retrouvé un peu d’allant pour certains casinos français, la santé financière de l’établissement de jeux de Lille est plombée par le contrat qui le lie à la cité nordiste.

Les jeux sont-ils déjà faits pour le Casino Barrière de Lille ?

Alors que l’implantation du Casino Barrière de Lille au cœur du quartier Euralille en 2010 avait permis de transformer ce quartier d’affaires, dédié aux activités tertiaires en un véritable lieu de vie alliant logements, loisirs et business, l’établissement de jeux casino ne parvient pas à être rentable. Comme quoi, ce n’est pas toujours la Maison qui gagne…

En effet, il y a un peu plus d’une semaine, les membres du conseil municipal de celle qui est souvent baptisée la « capitale des Flandres » étaient réunis pour étudier le rapport financier de l’exercice 2014-2015 du Casino Barrière de Lille.

Force est de constater que le dernier exercice n’a, une nouvelle fois, pas répondu aux attentes espérées puisque c’est une perte de 7,5 millions d’euros qui a été enregistrée par le Casino Barrière de Lille.

Ces pertes financières viennent donc se cumuler avec les déficits enregistrés lors des 3 exercices précédents et dont le montant s’établit à 9,9 millions d’euros en 2012, à 7,3 millions d’euros en 2013 et à 8,8 millions d’euros en 2014.

Le Casino Barrière de Lille continue de perdre de l'argent.

Si certains ont ironisé en faisant remarquer que le Casino Barrière de Lille avait perdu moins d’argent lors de l’exercice 2014/2015 que lors du précédent, ce n’est assurément pas cette analyse des chiffres qui mérite d’être faite. En réalité, le Casino Barrière de Lille, pourtant promis au succès en raison de son implantation dans le quartier Euralille, n’a à ce jour pas rapporté le moindre euro au casinotier.

Pire même, la Société Lilloise d’Animation Touristique (SLAT), filiale du groupe Barrière qui exploite l’établissement de jeux pour une durée de 18 ans dans le cadre d’un contrat de délégation de service public (DSP) signé avec la mairie de Lille en 2006, a déjà perdu plus de 78 millions d’euros dans cette « affaire ».

Si rien ne change, la note pourrait être plus lourde encore puisque l’exploitation du Casino Barrière de Lille pourrait faire perdre 130 millions d’euros à la SLAT d’ici 2025.

Le constat est d’autant plus amer que l’activité du Casino Barrière de Lille est plutôt bonne. Comme le fait remarquer Patricia Legros, directrice du Casino de Lille, le complexe qui mêle hôtels, bars, casino, restaurants et salles de conférences a connu une hausse d’activité estimée à 20% entre 2011 et 2015.

L’exercice 2014-2015 a quant à lui été globalement bon puisque le chiffre d’affaires a grimpé de 4,7% par rapport à l’exercice précédent. Comme dans de nombreux autres établissements de jeux français, l’activité machines à sous, la plus lucrative pour les casinotiers, est restée très stable et ce sont les tables de jeux qui ont tiré le chiffre d’affaires à la hausse.

Au Casino Barrière de Lille, le chiffre d’affaires des tables de jeux s’est ainsi envolé de plus de 32% lors du dernier exercice confortant le rang de l’établissement dans le Top 10 français. Les difficultés du Casino Barrière de Lille se trouvent donc ailleurs… et plus précisément dans le contrat de DSP qui le lie à la cité nordiste.

Signé en 2006 alors que l’établissement n’était pas encore exposé à la crise économique ou à l’interdiction de fumer dans les casinos, ce contrat de délégation de service public inclut aujourd’hui trop de « contraintes » pour que le Casino Barrière de Lille puisse rapporter le moindre denier à son exploitant.

S’il semblerait que des discussions entre le casinotier et la ville de Lille soient en cours afin que le contrat de DSP soit assoupli, il est compréhensible que la municipalité nordiste veuille y aller doucement puisque le Casino Barrière de Lille lui apporte annuellement plus de 10 millions d’euros par an de redevances fixes et variables.

Toutefois, les deux parties se sont entendues et ont saisi la commission de conciliation conformément à ce que prévoyait le contrat. Reste maintenant à savoir comment cette dernière va trancher entre les intérêts de la ville et ceux du casinotier

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