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Gibraltar, le Rocher du jeu, inquiétudes à cause du Brexit ?

Gibraltar, le Rocher du jeu, inquiétudes à cause du Brexit ?

Depuis quelques années maintenant, Gibraltar s’est imposé comme la capitale mondiale des jeux d’argent en ligne.

Seulement voilà, le Rocher est une colonie britannique et le 23 juin 2016, le Royaume-Uni a pris la décision de quitter l’Union Européenne, Brexit oblige. Pour l’heure, difficile de connaître le réel impact que le Brexit va avoir sur l’industrie des jeux en ligne à Gibraltar.

Les inquiétudes du secteur du jeu grandissent de jour en jour et même des opérateurs évoquent de possibles déménagements, notamment à Malte

Gibraltar, le Rocher du jeu, inquiétudes à cause du Brexit ?

Gibraltar, « la Mecque des jeux d’argent en ligne »

C’est à l’extrême sud de l’Espagne que se situe la capitale mondiale des jeux d’argent en ligne puisque c’est bel et bien le Rocher de Gibraltar qui peut se vanter de détenir ce statut.

Cette petite enclave britannique de 6,5 km2 de superficie et peuplée d’environ 33 000 habitants est effectivement devenue une véritable référence sur le marché des jeux d’argent en ligne et ce, depuis quelques années maintenant, soit plus de 25 ans quand même.

Gibraltar accueille ainsi 3 gigantesques data centers (à titre informatif, voir ceux de la FDJ ?) depuis lesquels les opérateurs de jeux d’argent en ligne agréés par les autorités du Rocher  proposent leurs offres de paris sportifs, paris hippiques, jeux de casino ou encore poker aux joueurs du monde entier.

Bien évidemment, l’industrie des jeux d’argent en ligne à Gibraltar pèse lourd dans l’économie puisqu’elle est à l’origine de 25% du PIB national.

Somme toute logique diront certains quand on apprend que les opérateurs de jeux en ligne implantées à Gibraltar ont généré environ 30% du chiffre d’affaires de l’industrie mondiale des jeux d’argent en ligne, soit l’équivalent d’un peu plus de 39 milliards de dollars.

Gibraltar est devenu une marque, mais dû au Brexit, est-elle désormais en péril ?

Alors qu’il faut remonter aux années 90 pour trouver trace de l’arrivée de premiers opérateurs de jeux d’argent en ligne à Gibraltar, force est de constater que le Rocher a toujours suivi une politique on ne peut plus claire.

Ainsi, Gibraltar a mis en avant ses deux principaux atouts pour séduire à savoir une fiscalité attractive mais aussi un accès facilité au vaste marché européen. Mais si le Rocher a usé de ses charmes, il n’en a pas abusé. Les règles ont ainsi toujours été très claires pour les opérateurs de jeux d’argent en ligne choisissant Gibraltar.

Non seulement, ils ont dû opérer physiquement depuis ce petit territoire mais ils ont également dû se conformer à une réglementation stricte visant à lutter efficacement contre le blanchiment d’argent ou contre l’addiction aux jeux d’argent.

Autrement dit, à l’heure où la Malta Gaming Authority est accusée de négligences quant à la régulation du marché européen des jeux d’argent en ligne, Gibraltar peut se targuer d’avoir créé une marque, là où Malte a seulement développé un business très juteux.

La différence peut apparaître mince, pourtant elle est bien réelle. A Gibraltar, il est possible de dénombrer une trentaine de sociétés dotées d’une licence pour opérer dans le secteur des jeux d’argent en ligne alors que Malte en abrite plus de 250.

Dans la pratique, Gibraltar a toujours fait preuve d’une plus grande sélectivité et cela ne l’a pas empêché de devenir la capitale des jeux d’argent en ligne. Quelques 3000 salariés, largement basés en Espagne, se rendent ainsi chaque jour sur le Rocher pour faire fonctionner cette industrie dantesque.

Mais la décision de quitter l’Union Européenne prise le 23 juin 2016 par le Royaume-Uni pose aujourd’hui de nombreuses questions et tous les acteurs du marché se demandent quel va être l’impact du Brexit sur les frontières de Gibraltar. Dans les pires scenarii, la marque « Gibraltar » pourrait être sévèrement remise en cause

Gibraltar bientôt isolé de l’Espagne et de l’Union Européenne ?

L’annonce du Brexit a été vécue comme un véritable séisme à Gibraltar. Il faut dire que sur le Rocher, 96% des habitants souhaitaient rester au sein de l’Union Européenne.

Désormais, les Gibraltariens redoutent ainsi la remise en place de contrôles à la frontière entre l’Espagne et le Rocher comme ce fut souvent le cas lorsque des tensions apparaissaient entre Londres et Madrid.

Il faut dire que pour l’économie de Gibraltar, ces contrôles sont une véritable plaie puisqu’ils provoquent des files d’attentes interminables et causent des retards importants à la majorité des salariés de l’industrie des jeux en ligne.

Aussi, afin de prévenir le risque de mise en place de contrôles, certains opérateurs ont fait le nécessaire pour que leurs salariés puissent travailler depuis chez eux en cas de besoin, une solution palliative qui ne pourra néanmoins pas s’établir dans la durée.

Mais les inquiétudes ne s’arrêtent pas là pour les opérateurs de jeux basés à Gibraltar puisque certains craignent que le Brexit les exclut, non pas du marché britannique, mais bien du marché européen.

Plusieurs géants du secteur tels 888 ont effectivement utilisé leur implantation à Gibraltar pour obtenir des licences pour opérer en Espagne, en France ou encore en Italie.

Or, pour ces acteurs, aucun retour en arrière n’est aujourd’hui envisageable. La perte d’éventuels marchés pourrait donc inciter certains acteurs à déménager vers Malte, l’autre paradis des opérateurs de jeux d’argent en ligne.

Nous n’en sommes toutefois pas encore là et il est possible d’imaginer que des décisions visant à protéger ce secteur, si important pour l’économie de Gibraltar, seront prises en temps et en heure. Le statut même du Rocher pourrait d’ailleurs évoluer pour contourner les éventuelles conséquences liées au Brexit.

4 commentaires

  1. Je ne connaissais pas la différence entre l’organisation des licences entre Malte et Gibraltar, mais le moins que l’on puisse dire, et à la lecture de cet article, c’est que Gibraltar n’a pas mis tous ses oeufs dans le même panier. En cela, ils méritent un bon point.

    Néanmoins, il serait peut-être temps de créer une licence universelle qui garantirait une éthique et des pratiques de haut niveau pour tous les utilisateurs dans tous les pays. Nous en sommes loin.

    Maintenant, le cas de Gibraltar est épineux en raison du Brexit et des travailleurs frontaliers travaillant pour les casinos, les paris et autres jeux en ligne, c’est évident aujourd’hui, mais il ne faut pas non plus oublier le fait que le Royaume-Uni et l’Espagne sont en froid à cause du « rocher » depuis bien longtemps (accès au territoire, zone de pêche etc.)

  2. je ne savais pas que Gibraltar pesait aussi lourd dans la balance des jeux d’argent en ligne, 30% c’est énorme. La plupart des casinos en ligne auxquels je joue se trouvent à Chypre, Malte ou Curaçao.

    Avec le Brexit, cela va devenir bien compliqué pour les employés frontaliers travaillant pour les sociétés de jeux d’argent. Si l’une des solutions est de loger les gens sur une surface de 6.5km², les loyers vont exploser.

    Et comme vous le dîtes, les sociétés qui ont implanté leurs sièges sociaux à Gibraltar sont sur la sellette. Cependant, je suis certain qu’elles trouveront une solution en temps et en heure, notamment déménager à Malte, c’est tout simple, cela leur permettra toujours d’opérer sur le marché européen avec toujours comme ligne de mire, une fiscalité à leur avantage, comme à Gibraltar d’ailleurs.

    De toute façon, le Brexit va durer 2 ans, donc les opérateurs de jeux basés sur le rocher ont du temps devant eux…

  3. Le Brexit, ce choix des britanniques de quitter l’union européenne va profondément bouleverser beaucoup de secteurs.

    Celui des jeux en ligne, dont Gibraltar est le siège, même s’il n’est pas encore bouleversé, connait un début de bouleversement ne serait-ce que dans les esprits et cela est très stressant pour les milliers de travailleurs du secteur.

    Les exploitants de jeux en ligne basés à Gibraltar, font 30% du chiffre d’affaires de l’industrie mondiale des jeux d’argent en ligne et c’est énorme à mon avis.

    S’il arrive que pour le Brexit, les sites de jeux dont les sièges sont basés à Gibraltar devaient délocalisés parce que ne faisant plus partie de l’Union Européenne, ce serait un coup dur pour l’économie du Rocher…. tant convoité par l’Espagne, et à juste titre à mon avis.

  4. Je ne savais pas que Gibraltar faisaient 30% du chiffre d’affaires de l’industrie mondiale des jeux d’argent en ligne, ce qui est très élevé.

    Le fait que Le Brexit quitte l’union européenne va forcément chambouler beaucoup de choses…

    Les employés frontaliers des sociétés de jeux d’argent en ligne ont raison de s’inquiéter à mon avis.

    Travailler de chez soi va durer un certain temps d’après ce que dit l’article, et après, que vont devenir ces employés ?

    J’espère que Le Rocher de Gibraltar trouvera la solution pour remédier à maintenir sa manne financière des jeux d’argent en ligne.

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