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Jeux de hasard en Italie, près d’un million de joueurs accros

Jeux de hasard en Italie, près d’un million de joueurs accros

Il y a quelques jours, une association regroupant différentes collectivités territoriales italiennes et baptisée « Avviso Pubblico » a présenté au Sénat les résultats d’une grande étude sur les jeux de hasard en Italie.

Ils sont l’occasion de constater que les Italiens dépensent beaucoup d’argent pour ce type de jeux mais aussi, de mettre en lumière les conséquences sociales d’un tel phénomène. Il apparaît ainsi que les choses doivent changer puisque près d’un million de joueurs sont accros

Italie, jeux de hasard.

Jeux de hasard en Italie, un succès incontestable

La semaine passée, l’association Avviso Pubblico a présenté devant le Sénat Italien les résultats d’une étude baptisée « Lose for Life » – en hommage au célèbre jeu de grattage « Win for Life » – et relative aux jeux de hasard en Italie.

Née des demandes de nombreuses municipalités préoccupées par les dégâts sociaux causés par les jeux de hasard en Italie, cette étude permet de poser des chiffres sur un phénomène.

Par exemple, il est possible de constater que les jeux de hasard en Italie rencontrent un franc succès. En moyenne, chaque joueur dépenserait 132 € par mois dans ces jeux alors que les joueurs seraient de plus en plus nombreux.

En 2016, les Italiens auraient ainsi dépensé quelques 96,1 milliards d’euros dans les jeux de hasard, soit un montant huit fois plus élevé que vingt ans plus tôt.

Difficile toutefois d’expliquer cette tendance, même si beaucoup de spécialistes s’accordent pour dire que la crise économique touchant l’Italie depuis quelques années maintenant, a probablement contribué à la dynamique des dépenses en jeux de hasard en Italie.

Une chose est en revanche certaine, les machines à sous constituent les principaux jeux de hasard en Italie puisqu’elles collectent 55% de l’argent joué.

Il faut dire que les bandits-manchots sont nombreux chez nos voisins transalpins étant donné qu’on en dénombre 414 000 dans le pays soit 1 pour 151 habitants, beaucoup plus donc qu’en Allemagne où leur densité est de 1 pour 261 habitants ou qu’aux Etats Unis où elle s’établit à 1 pour 372 habitants.

Jeux de hasard en Italie, des pertes financières colossales aux conséquences dévastatrices…

Si les opérateurs de jeux de hasard en Italie peuvent compter sur une clientèle toujours plus large, l’étude « Lose for Life » met en lumière les pertes colossales des joueurs.

En effet, sur les 96,1 milliards d’euros dépensés dans les jeux de hasard en Italie en 2016, ce sont 20 milliards d’euros qui ont été définitivement perdus par les joueurs.

Cette perte sèche a alors rempli les caisses de l’Etat (à hauteur de 10,5 milliards d’euros) et des différents opérateurs du marché des jeux de hasard en Italie (à hauteur de 9 milliards d’euros pour ces derniers).

L’association Avviso Pubblico espère que l’ampleur des pertes des joueurs va faire réfléchir, d’autant qu’elles représentent tout de même 0,85% du PIB national.

L’Italie est ainsi le premier pays au monde du point de vue du rapport entre les pertes aux jeux de hasard et le PIB, ce qui est inquiétant.

Cette donnée n’est d’ailleurs pas la seule qui pose question dans cette étude qui n’hésite pas à parler d’« overdose » pour qualifier les jeux de hasard en Italie.

Elle identifie effectivement près de 1 million de joueurs compulsifs alors que 2 autres millions pourraient être sur le point de développer une addiction aux jeux d’argent. Et que dire des 24 000 Italiens qui sont d’ores et déjà soignés pour leur problème de dépendance… ?

A la vue de ces chiffres, les inquiétudes des différentes collectivités territoriales se justifient pleinement, d’autant que la ludopathie coûte déjà quelques 7 milliards d’euros annuels à l’Etat Italien.

Vers des réformes affectant les jeux de hasard en Italie ?

Alors que les collectivités territoriales attendent une réponse ferme de l’Etat quant à leurs inquiétudes, il n’est pas sûr qu’elles obtiennent les changements qui, pourtant, semblent s’imposer.

En effet, lors des dernières années, les recettes tirées des jeux de hasard en Italie ont permis aux gouvernements, quel que soit leur bord politique, de ne pas augmenter les impôts, une mesure rarement populaire.

De même, l’absence d’actions fortes pour lutter contre la dépendance aux jeux d’argent a permis d’entretenir de bonnes relations avec les quelques 5000 acteurs de l’industrie des jeux de hasard en Italie.

Employant quelques 120 000 salariés et représentant à elle seule 4% du PIB, elle a donc été protégée par l’Etat.

Seulement voilà, même si l’expression latine « panem and circenses » rappelle que le peuple veut « du pain et des jeux », il est probablement temps que l’Etat Italien prenne ses responsabilités et régule les jeux de hasard en Italie.

Plusieurs pistes existent pour lutter contre l’addiction aux jeux parmi lesquelles, une réduction du nombre des machines à sous, une réduction du nombre de jeux autorisés, une réduction des plages horaires d’ouverture des salles de jeux ou encore, l’interdiction de ces dernières à proximité des établissements scolaires.

Pour autant, de telles mesures seraient « timides » à l’heure où c’est bel et bien une vraie réforme des jeux de hasard en Italie qui est attendue… surtout que cette dernière pourrait aussi permettre de lutter contre les organisations mafieuses qui ont toujours utilisé l’industrie des jeux pour blanchir de l’argent.

2 commentaires

  1. Tout d’abord, je trouve votre article intéressant, mais préoccupant en même temps.

    Je n’aurai jamais pensé que les italiens auraient été des accrocs aux jeux d’argent.

    Et bien sûr, c’est l’Etat Italien qui rempli ses caisses et qui décide de ne pas augmenter les impôts « grâce » aux pertes conséquentes des italiens aux jeux d’argent…

    Je trouve cela inapproprié et c’est lamentable à mon avis comme politique.

    J’espère que des associations contre l’addiction aux jeux de hasard vont être créées afin de pouvoir aider ces millions de victimes.

    En tout cas, les directeurs de casinos doivent se frotter les mains. A mon avis, ce n’est pas prêt de s’arrêter, rentrées fiscales obligent.

    Je trouve que c’est désolant pour la population italienne, et je suis bien contente de voir qu’en France, au moins, des structures existent et que l’on ne risque pas d’arriver au même stade que l’Italie. Du moins, je l’espère.

    .

  2. Les jeux de hasard, on ne le dira jamais assez, sont addictifs et pourtant beaucoup de personnes s’y accrochent.

    Pour ces personnes, ces jeux sont lucratifs et constituent donc un moyen d’enrichissement rapide, encore faut-il avoir de la chance.

    Cette vision qu’ont ces personnes est motivée par toutes ces publicités mensongères menées par les organisateurs de ces jeux pour les y accrocher.

    Selon les résultats de cette enquête dont les résultats ont fait l’objet de cet article, la densité des machines à sous en Italie est de 1 machine pour 151 habitants.

    Cette densité reste de loin la plus élevée lorsqu’on fait une comparaison avec les autres pays. Voici donc une situation qui dépeint clairement la volonté des autorités à ne rien faire pour remédier à cette situation qui selon moi, est un facteur important pour maintenir les italiens adeptes des jeux de hasard « accrochés ».

    L’idée de se faire rapidement de l’argent aux jeux de hasard est de plus en plus entretenue par les organisateurs de ces jeux et soutenue en cela, par les autorités qui ont leur part du gâteau. Car qui ne dit rien consent.

    La lutte contre l’addiction reste donc un problème délicat à résoudre vu que beaucoup d’intérêts sont en jeu, ce qui bat en brèche la volonté d’y consacrer les moyens adéquats pour éradiquer un temps soit peu ce mal qui reste pernicieux.

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