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Machines à sous et roulette, régulation des mises en Angleterre

Machines à sous et roulette, régulation des mises en Angleterre

A l’heure où près de 2 millions de Britanniques présentent des signes d’addiction aux jeux d’argent, le gouvernement britannique a décidé d’agir et ce sont aux machines à sous qu’il devrait s’en prendre.

En effet, alors que ces dernières auraient fait perdre plus de 1,8 milliard de livres aux joueurs, il a ouvert une consultation visant à déterminer vers quelle régulation des mises s’orienter en sachant que cette limite pourrait être fixée à 2 livres, au grand dam des bookmakers.

Les machines à sous (et les jeux de roulette) prises pour cibles par le gouvernement britannique

Au Royaume-Uni, les machines à sous, ou plutôt les « terminaux de paris à cotes fixes » si l’on respecte leur dénomination officielle, sont absolument partout. Il faut dire qu’au total, on en compte tout de même 34 000 sur le territoire britannique.

Seulement voilà, depuis quelques mois, elles sont dans le viseur du gouvernement britannique qui entend bien mettre en place une régulation des mises avant que tous les Britanniques ne souffrent de dépendance aux jeux d’argent.

Eh oui, il suffit d’observer ces machines à sous installées chez les bookmakers, mais aussi les personnes qui y jouent pour comprendre qu’elles sont à l’origine de comportements addictifs.

Certains joueurs, tels des robots, restent plantés devant pendant des heures à miser de l’argent en espérant que la roulette virtuelle fasse d’eux une personne riche.

Toutefois, si ces machines à sous font bien des gagnants, ce n’est pas du côté des joueurs mais plutôt du côté des bookmakers.

En effet, selon des estimations réalisées par les analystes financiers de la banque Barclays, Ladbrokes Coral tirerait 20% de son chiffre d’affaires annuel de ces machines alors que ce pourcentage serait de 18% pour le bookmaker William Hill.

Il faut dire que depuis la dérégulation des mises au début des années 2000, il est possible de jouer jusqu’à 100 livres (environ 114€) en une seule partie à des jeux comme la roulette.

Aussi, lorsque l’on sait que ces machines à sous permettent de rejouer toutes les 20 secondes, on comprend vite pourquoi les joueurs britanniques ont perdu 1,8 milliard de livres sur ces machines à sous en 2016…

Une régulation des mises justifiée par les dégâts sociaux des jeux d’argent ?

Le 31 octobre dernier, face à ce constat, le gouvernement britannique a décidé de réagir et a annoncé qu’une régulation des mises allait intervenir dans les prochains mois. Dans un premier temps, il a effectivement souhaité consulter tous les acteurs sur la question d’une régulation des mises afin de connaître leur point de vue.

Comme l’a clairement expliqué Tracey Crouch, la secrétaire d’Etat en charge du dossier, la régulation des mises doit permettre de « trouver le bon équilibre entre une croissance économique socialement responsable et la protection des plus vulnérables ».

Eh oui, hors de question de mettre en place une régulation des mises sans trouver cet équilibre.

D’une part, les bookmakers emploient quelques 53 000 personnes outre-Manche et les machines à sous contribuent donc à l’économie nationale. D’autre part, elles provoquent des dégâts sociaux sans précédent.

En 2017, ce sont ainsi 2 millions de joueurs britanniques qui présentent des signes d’addiction aux jeux d’argent. Parmi eux, se trouvent majoritairement des hommes jeunes et pauvres issus de quartiers défavorisés où les bookmakers sont souvent les seuls magasins à avoir résisté à la crise…

Bien que cette donnée soit officielle, les représentants de l’industrie des jeux d’argent au Royaume-Uni estiment que l’addiction aux jeux d’argent ne toucherait que 0,8% des adultes. Autrement dit, des 6 millions de clients des bookmakers, très peu développerait de quelconques problèmes de dépendance.

Une sévère régulation des mises redoutée par les bookmakers ?

Parce que le gouvernement britannique veut se laisser de la marge pour mener à bien son projet de régulation des mises, quatre scénarii ont été présentés, le montant maximal d’une mise se fixant à 50, 30, 20 ou 2 livres.

Pendant les 12 semaines de consultation, les différents acteurs pourront donc se prononcer sur la régulation des mises qui leur semble la plus appropriée.

L’Association des bookmakers britanniques s’est ainsi fait entendre et à rappeler qu’une simple régulation des mises aux machines à sous et aux jeux de roulette ne réglerait pas les problèmes d’addiction, les joueurs dépendants s’adonnant en moyenne « à sept types de jeux d’argent différents ».

Toutefois, malgré ce discours, cette association ne se fait plus guère d’illusion et sait qu’une régulation des mises sera instaurée dans quelques mois, le Parti travailliste ayant fait de ce dossier l’une de ses priorités.

Désormais, elle redoute seulement que la mise maximale retenue soit de 2 livres – ce qui est le souhait du Parti travailliste – pour la simple et bonne raison qu’un tel projet de régulation des mises ferait perdre 15% de chiffre d’affaires aux bookmakers contre 3 à 4% seulement si le scénario d’une mise maximale à 20 livres était choisi.

Toujours est-il qu’en attendant que cette régulation des mises soit entérinée au Royaume-Uni (probablement au premier trimestre 2018), le gouvernement a annoncé le durcissement des règles relatives à la publicité pour les opérateurs de jeux d’argent et la mise en place d’une grande campagne de sensibilisation à la dépendance à ces mêmes jeux.

6 commentaires

  1. Les britanniques m’étonneront toujours par leurs approches et leurs visions des choses ❗

    Ils sont capables d’inventer des paris particulièrement insolites tels que:
    “Quel gardien touchera le ballon en dernier lors d’un match de football ou quelle sera la couleur de la robe de la Reine pour la prochaine cérémonie ?”…

    Par la suite, ils finissent par réfléchir sur le coté “absurde” des situations générées par ce type de paris proposés car forcément, ils risquent d’engendrer des comportements peu réfléchis…

    Je ne suis pas experte en la matière mais je suppose que la plupart des personnes mises en danger par l’addiction aux jeux ne sont pas des gens fortunés au point de pouvoir se permettre de parier des sommes élevées comme 100 livres par coup.

    Pourquoi aborder le sujet par une limitation des mises aux machines à sous et à la roulette et non par le problème de fond… qu’est l’addiction aux jeu en elle même ?

    Dans l’absolu, pourquoi laisser agir les acteurs du jeu en ligne tel que le bookmaker “William Hill” qui est effectivement un acteur majeur dans le secteur des paris sportifs (présent depuis si longtemps que certains de vos membres étaient encore au biberon lors de son apparition sur le net), ainsi que Ladbrokes Coral qui existe depuis 1902 ?

    Il semblerait que limiter les mises aux machines à sous devraient également concerner la totalité des modes de jeux proposées aux joueurs de ce pays.

    Une mise “faible” ne permettra pas aux joueurs d’obtenir un gain très important, cela se résume donc à faire mourir les joueurs à petit feu si l’on veut passer à l’extrême de cette réflexion 🙄

    Finalement, le Brexit va profiter aux pays plus souples en la matière et attendons-nous à une invasion de ces pays par les joueurs compulsifs 😛

  2. Cette régulation des mises aux machines à sous serait la bienvenue dans uns pays où on dénombre autant de personnes atteintes d’addiction aux jeux d’argent. Il est inconcevable qu’on laisse les gens se détruire de cette façon là.

    Le gouvernement britannique a eu cette idée géniale de réguler les mises aux jeux d’argent pour limiter les dégâts déjà considérables que crée ce fléau des temps nouveaux au grand damne des bookmakers qui redoutent une sévère régulation qui ferait réduire considérablement leurs profits.

    Mais faut-il sacrifier les populations pour le bonheur des bookmakers qui certes emploient une partie de cette population ?

    Il appartient donc à mon avis à l’État britannique de trouver le juste milieu de cette mesure pour équilibrer la balance.

  3. A mon avis, le gouvernement Britannique veut mettre en place cette limitation de mises à la roulette et aux machines à sous pour protéger les joueurs compulsifs qui sont d’ailleurs nombreux en Angleterre.

    Il faut dire que dans ce pays, les jeux d’argent sont présents un peu partout avec une multitude de bookmakers.

    Ceux-ci attirent aussi bien des gens de quartiers défavorisés souhaitant améliorer leur quotidien mais aussi des “vrais” joueurs qui aiment dépenser leur argent aux machines à sous et à la roulette.

    Je pense que cette décision prise par le gouvernement Britannique, de limiter les mises est une bonne chose sachant que beaucoup de joueurs dans ce pays ont des difficultés financières à cause du jeu.

  4. Les Anglais adorent parier ! Sur tout et n’importe quoi d’ailleurs !

    Comme l’a dit Olivette, même sur la couleur d’une robe ! Bientôt ce sera sur le prénom du futur enfant des héritiers comme ce fut le cas précédemment.

    C’est presque une coutume et les bookmakers s’en mettent plein les poches.

    Rien d’étonnant à ce qu’ils soient plus de 2 millions à souffrir d’addiction aux jeux d’argent. Je suis surpris que de telles mesures n’aient pas été prises plus tôt et c’est une bonne chose qu’enfin le gouvernement Britanique procède à des changements. Il ne faut pas pousser à l’extrême cependant.

    Comme je dis toujours, il faudrait que la régulation des jeux d’argent soit la même pour tous les pays, cela serait plus simple, notamment pour les joueurs.

  5. Les britanniques sont les rois des paris, c’est dans leurs gènes, je pense.

    Si un jour vous allez à Londres, vous verrez que les bookmakers sont à tous les coins de rues.

    Comment s’étonner après qu’il y a tant de joueurs compulsifs en Angleterre…

    Le gouvernement britannique va limiter les mises des joueurs aux machines à sous et jeux de roulette, donc une bonne chose pour les joueurs à mon avis, mais moi je pense qu’il y aura toujours les bookmakers qui vont entraîner les joueurs à parier de plus en plus.

    De toute façon, un jour il faudra que l’Europe régule tous les jeux d’argent, je pense que tout le monde sera gagnant !

  6. Une régulation des mises aux machines à sous et aux jeux de roulette en Grande Bretagne est la bienvenue. Dénombré plus de 2 millions de joueurs présentant des signe d’addiction est effrayant à mon avis.

    Avec plus de 34 000 machines à sous installées à travers le pays, c’est tout à fait indiqué que les personnes pauvres s’adonnent à ces jeux croyant à tord qu’une solution à leur état de pauvreté viendrait de ces machines à sous en leur permettant de décrocher le jackpot.

    Le gouvernement, voyant les dégâts que ces jeux d’argent sont en train de causer à travers le pays ne pouvait plus regarder faire les choses. Malgré la chute du chiffre d’affaires des bookmakers et même celui de l’Etat Britannique, il a tout de même pris la résolution de réguler les mises afin que les joueurs modèrent leurs mises. Ce qui n’est pas du goût des bookmakers, c’est sûr.

    Il est aussi vrai que les jeux d’argent font vivre une partie de la population qui travaille chez ces bookmakers. Mais l’intérêt de la masse l’emporte sur les intérêts particuliers. D’où l’application de cette mesure qui s’impose au grand dam des grognes de quelques sociétés, notamment les bookmakers anglais.

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