Joa, le 3ème des casinos français, a modifié sa structure financière

Joa, le 3ème des casinos français, a modifié sa structure financière

Faisant face à une dette énorme qu’il n’arrivait pas à rembourser, le groupe casinotier Joa a dernièrement totalement modifié son actionnariat.

En effet, les deux actionnaires majoritaires, Bridgepoint et Loto-Québec, ont laissé leur place respective à Alchemy et Davidson Kempner par le biais d’une opération où les anciens créanciers du groupe Joa sont donc devenus ses nouveaux propriétaires.

Ce changement de structure financière a vocation à faire diminuer la dette de Joa mais aussi à faciliter le développement du casinotier par un système de franchises.

Restructuration de la dette du Groupe des casinos Joa – 120 millions d’€uros en moins

A l’heure où les casinos enchaînent les déconvenues et voient leur produit brut des jeux diminuer sans cesse sans même que l’Etat français ne daigne réagir, le groupe Joa vient de suivre la voie choisie par le groupe Partouche, à savoir la restructuration financière.

En proie à une dette colossale estimée à environ 300 millions d’euros, triste héritage d’un achat à effet de levier effectué en 2005, le groupe Joa, numéro 3 des casinos en France avec 21 établissements en activité, a décidé d’agir mi-Novembre, en changeant de propriétaire.

Cette décision est le fruit d’une négociation entre les différents acteurs du dossier qui aura duré près d’un an. Depuis le 15 Novembre 2014, l’actionnaire majoritaire n’est donc plus la société d’investissement européenne Bridgepoint et le second actionnaire par le nombre de parts, n’est plus l’opérateur de jeux canadien Loto-Québec.

Pour notre part, nous ne savions pas, et certainement encore moins les joueurs français adeptes des casinos Joa, que cette loterie candienne, Loto-Québec, était un investisseur majeur dans les casinos Joa en France. Incroyable non ? Les coulisses de la finance, c’est toujours une surprise !

En tous les cas, jusque-là, ces deux sociétés détenaient 90% du groupe Joa. Aujourd’hui, elles n’ont plus aucune part dans le casinotier… Remarquez, quand on constate la concurrence agressive des casinos dans les Pyrénées Orientales dont 4 casinos Joa font partie, on comprend mieux le départ, mais bien trop tardif, de la société canadienne !

Trop de casinos tuent les casinos. A croire que certains Maires en France, en quête active et constante de recettes fiscales et pour quelques-uns, la recherche de l’élévation de leur égo, font du n’importe quoi…

Bref, autour de la table des actionnaires du groupe Joa, on retrouve désormais cinq banques et de nombreux fonds ou sociétés d’investissement. Toutefois, un actionnaire majoritaire ressort bel et bien de la liste puisque Alchemy, une société de capital-investissement basée à Londres, détient à elle seule plus de 50% du groupe Joa et devient donc naturellement le nouveau propriétaire du casinotier français.

Davidson Kempner, une société américaine, tire aussi son épingle du jeu en obtenant un peu plus de 5% des parts. Mais alors, pourquoi le groupe Joa a-t-il décidé de s’abandonner entre les mains de financiers inconnus ? En réalité, Alchemy et Davidson Kempner, comme tous les nouveaux actionnaires du casinotier français, ne sont pas des inconnus puisqu’il s’agissait des créanciers de Joa !

Par cette restructuration financière, les créanciers ont ainsi tout simplement transformé leur créance en capital. Le recours à une telle stratégie pour épurer partiellement la dette montre en tout cas les réelles difficultés qui touchent le secteur des casinos en France ces dernières années.

En modifiant son actionnariat, le groupe Joa va heureusement voir sa dette diminuer à 120 millions d’euros (-60%) alors que les nouveaux propriétaires se sont également engagés à verser 30 millions d’euros pour poursuivre le développement du n°3 des casinos français. Désormais, il va s’agir pour le groupe Joa de montrer que cette remise à plat de sa structure financière était le bon choix.

Le casinotier pourrait ainsi accélérer son “développement en franchise”, évoqué depuis longtemps par Laurent Lassiaz, le Président du Directoire de Joa. D’ailleurs, dans la balance de leur départ de l’actionnariat, Bridgepoint et Loto-Québec ont obtenu une compensation plutôt intéressante en devenant les actionnaires majoritaires, respectivement 55% et 35% des parts, de la filiale du groupe qui conduit deux projets de casinos Joa à Giffaumont-Champaubert (Marne) et à La Seyne sur Mer (Var).

On retrouve ainsi dans ce montage financier l’exemple même de ce que pourraient être les futures franchises de casinos Joa. Rappelons que le casino de Giffaumont-Champaubert ouvrira ses portes le 2 Décembre prochain au grand public. Il s’agira d’un complexe de loisirs nouvelle génération et parfaitement intégré dans l’environnement très nature du plus grand lac artificiel de l’Hexagone, le Lac du Der.

Le casino de la Seyne sur Mer devrait lui sortir de terre en 2015 pour une ouverture programmée en 2016. En attendant, le groupe Joa fidélise déjà sa clientèle dans le Var grâce à un établissement temporaire qui fermera avec l’inauguration d’un casino ultra-moderne et pensé pour le confort des joueurs.

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