Le groupe des casinos français Joa est-il en déroute ?

Le groupe des casinos français Joa est-il en déroute ?

Après Partouche qui a dû négocier serré pendant plus de 9 mois pour obtenir un rééchelonnement de sa dette, c’est le groupe Joa Casinos, numéro 3 français des casinos qui a vu sa structure financière totalement remise à plat et des nouveaux propriétaires prendre les commandes en échange d’une nette diminution de sa dette.

Et malgré cela, pas sûr que la sortie de crise soit encore pour cette année pour les casinotiers… Décidément, le paysage des casinos français ne cesse de s’assombrir et ce depuis début 2006.

Eh oui, que les politiques veuillent l’entendre ou non, la mise en place du contrôle d’identité à l’entrée des établissements de jeux en 2006 et l’interdiction de fumer dans les casinos l’année suivante ont marqué le début des déboires des casinotiers français.

Depuis, la crise qui touche l’économie mondiale s’est ajoutée aux causes des difficultés rencontrées par des casinos qui sont aujourd’hui totalement pris à la gorge pour au moins 30% d’entre eux. Il faut dire que les casinotiers avaient consenti à de lourds investissements entre 2003 et 2005 pour justement profiter de la bonne santé des établissements de jeux mais en 2006, patatras…

Et les signes d’une reprise se font désespérément attendre. Cette année, le marché devrait ainsi avoir connu un nouveau recul de 3,5%, alors qu’au contraire, les casinos de Monaco grimpe en chiffre d’affaires.

On comprend ainsi mieux pourquoi tous les casinotiers ont profité de cette année 2014 pour tenter de se restructurer financièrement. Faut souligner qu’ils n’ont pas eu le choix…

Après les casinos Partouche et Barrière, au tour des casinos JOA

Dès le milieu de l’année 2013, le groupe Partouche avait ainsi demandé à ses créanciers la possibilité de restructurer sa dette. Neuf mois plus tard, alors que le casinotier avait montré sa volonté d’avancer en cédant plusieurs actifs, un accord avait été trouvé avec les créanciers pour réaménager la dette et surtout la rééchelonner jusqu’à 2022.

Par cet accord, la dette du groupe Partouche avait ainsi fondu de 230 à 170 millions d’euros. Le leader du marché des casinos, le groupe Lucien Barrière, avait lui décidé de recentrer son activité sur le secteur de l’hôtellerie.

Ainsi, après avoir obtenu en Juin 2014 un prêt de 325 millions d’euros, le groupe Barrière a décidé d’investir plus de 200 millions d’euros dans l’hôtellerie, un moyen de compenser les pertes connues par les casinos.

On l’avait moins venu venir mais le groupe Joa, également en difficulté, a lui aussi profité de cette fin d’année pour restructurer sa dette. Propriétaire de 21 casinos en France, Joa a changé de propriétaire puisque Loto-Québec et Bridgepoint ont laissé leur place d’actionnaires majoritaires à Alchemy Capital et Davidson Kempner.

En réalité, les créanciers du groupe des casinos Joa sont devenus propriétaires puisque les créances ont été transformées en capital. Cette opération, qui en a surpris plus d’un, permet en tout cas au groupe Joa d’épurer près de 200 millions d’euros de dettes, mais aussi de profiter d’une ligne de crédit de 30 millions d’euros, de l’argent qui pourra favoriser la poursuite du développement du casinotier.

Entre autres, on peut imaginer qu’une partie de cet argent soit investie dans le projet de casino qui verra le jour en 2016 à la Seyne sur Mer dans le Var. Pour autant, le groupe Joa a pris là un risque puisque rien ne prédit qu’Alchemy Capital et Davidson Kempner accepteront de suivre la logique de développement qu’acceptait sans concession les précédents actionnaires majoritaires. A noter que Loto-Québec a perdu presque 100 millions d’€uros sur le marché des casinos français.

Désormais, les trois casinotiers français semblent donc armés pour traverser au mieux la fin de crise, mais il ne fait aucun doute que des avancées relatives à l’autorisation de nouveaux jeux dans les casinos ou à l’allègement de leur fiscalité seraient les bienvenues.

Pour les nouveaux jeux, cela a déjà été effectué en 2012, 2013 et 2013 et pour la fiscalité, aux dernières nouvelles, le gouvernement a accordé quelques avantages fiscaux aux casinos les plus petits. Enfin une bonne nouvelle !

De même, alors que plusieurs études dénoncent la mauvaise répartition des casinos sur le territoire de l’Hexagone et donc l’existence d’une concurrence sauvage entre les établissements, peut-on imaginer que l’Etat daigne changer les règles du jeu en autorisant de nouvelles implantations pour les casinos ?

Une voie à suivre et qui offrirait assurément de nouvelles opportunités aux casinotiers de l’Hexagone en nette perte de vitesse depuis des années. En revanche, la FDJ quant à elle, a toujours le vent en poupe à un point tel que le gouvernement a entériné dernièrement le projet de sa privatisation. En clair, la France ne vend pas ses bijoux de famille !

1 commentaire

  1. Avec la crise qui frappe durement les casinos français, le groupe JOA tente de se maintenir à flot en faisant des restructuration qui on l’espère, porteront leurs fruits.

    Les nouvelles mesures entreprises par les autorités françaises visant à l’interdiction de fumer dans les casinos et le contrôle aux entrées, sont salutaires dans la mesure où elles visent la protection des clients.

    Mais le revers de la médaille, c’est qu’une partie de la clientèle frappée par ces mesures ne peut plus fréquenter les casinos, ce qui accentue la crise que connaissent ces établissements de jeux.

    On ne peut pas faire des omelettes sans casser des oeufs…

    En prenant ces mesures, les autorités savaient qu’il y aurait des répercutions négatives sur le chiffre d’affaire des casinos. Mais l’intérêt général a prévalu.

    Il appartient aux casinotiers de réfléchir à des mécanismes pouvant les faire sortir de ce tourbillon comme l’a fait le groupe JOA.

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