Casino de Grasse, ça chauffe entre le Maire et le propriétaire

Casino de Grasse, ça chauffe entre le Maire et le propriétaire

La semaine passée, le conseil municipal de la Ville de Grasse a étudié le rapport d’activité 2013 de son casino. Ce fut l’occasion de revenir sur le possible déménagement du casino voulu par l’ancienne direction de l’établissement mais aussi, d’évoquer les nombreuses difficultés rencontrées par le Casino de Grasse et ce même depuis la reprise par un nouveau propriétaire, Abel Djebbar.

Il faut dire qu’entre la ville et la direction de l’établissement de jeux, on ne semble pas véritablement être sur la même longueur d’onde. Voilà qui promet…

Depuis quelques mois, la ville de Grasse vit au rythme des pérégrinations de son casino. Et mardi dernier, le conseil municipal de la ville des Alpes Maritimes était réuni pour étudier les rapports d’activité 2013 de ses différentes DSP (Délégation de Service Public) dont celle relative à son casino.

Profondes discordes entre le Maire de Grasse et le propriétaire du casino, Abel Djebbar

Tout ne s’est donc pas vraiment passé sans tension même si le nouveau propriétaire, Abel Djebbar, n’était pas présent pour l’occasion.

Le premier sujet de tension a été l’éventuel déménagement du casino de Grasse. En effet, la précédente direction de l’établissement de jeux désirait que le casino s’installe dans des locaux plus vastes, dans le sud de la commune, afin de mettre en place une activité de cabaret et de restauration digne de ce nom.

Toutefois, comme l’a rappelé le maire de Grasse, M. Jérôme Viaud, ce projet ne semble plus d’actualité depuis que M. Abel Djebbar est devenu le propriétaire des lieux. Le maire de la commune des Alpes Maritimes en a toutefois profité pour rappeler qu’un déménagement du Casino de Grasse est pour l’heure totalement impossible et qu’une demande en ce sens de la nouvelle direction serait de toute manière refusée.

Elu en 2014, Jérôme Viaud a d’ailleurs précisé vouloir poursuivre le travail de redynamisation du centre-ville entrepris par son prédécesseur, Jean Pierre Leleux, et n’imagine donc pas le casino quitter le centre historique de la capitale mondiale du parfum.

Quant à un déménagement hors de la commune, c’est là encore davantage une utopie puisque la ville de Grasse récolte tout de même près de 240 000 € par an grâce à son établissement de jeux.

Entre le loyer payé par le casino (100 000 €), le prélèvement communal (95 000 €), la part communale des impôts (35 000 €) et la contribution touristique (9 000 €), la commune des Alpes Maritimes profite donc très pleinement de son établissement de jeux et ne laissera par conséquent pas sa poule aux œufs d’or fuir de la sorte. En savoir plus sur la fiscalité des casinos en France ?

Reste que le torchon brûle entre la Mairie de Grasse et le propriétaire actuel de l’établissement de jeux, Abel Djebbar. Actionnaire du Casino de Grasse depuis le mois de juin de cette année, celui qui connaît l’univers des casinos dénonce des pressions de la ville pour ce qu’il juge être des « futilités ».

Entre autres, lui sont reprochés la qualité de la restauration mais aussi le manque d’animations proposées par l’établissement en particulier durant la période estivale. En guise de réponse, Abel Djebbar avait affirmé payer les mauvaises orientations stratégiques de la précédente équipe dirigeante et s’était engagé à remettre le tout dans l’ordre dès la mi-août.

Seulement voilà, des clients continuent aujourd’hui encore de se plaindre de la piètre qualité de la nourriture servie au Casino de Grasse, des retours qui ne plaisent guère aux élus municipaux.

Pour autant, là encore, Abel Djebbar contre-attaque en dénonçant que ces « clients mécontents » ne sont autres que des proches des élus qui tentent de faire payer au casino le fait d’avoir quelque peu pris ses distances avec la Mairie. Depuis sa prise de pouvoir, le nouveau propriétaire ne cesse de demander à la municipalité de le laisser gérer l’établissement conformément à sa mission.

Ayant été investi pour sauver le casino et les emplois qui pouvaient l’être, Abel Djebbar a tout autant à perdre que la municipalité dans cette affaire et souhaiterait donc qu’on le laisse diriger le casino comme il l’entend, ce qui nous semble assez pertinent.

Certains chiffres prouvent d’ailleurs le renouveau du Casino de Grasse comme le chiffre d’affaires des jeux qui s’est envolé de près de 15% en 5 mois, une vraie réussite quand on connait les difficultés rencontrées par le secteur des casinos depuis maintenant près de 7 ans.

Pour autant, la hache de guerre est loin d’être enterrée entre Abel Djebbar et la Mairie de Grasse. Le 20 Janvier prochain, l’avenir du Casino de Grasse sera d’ailleurs évoqué en Mairie à l’occasion de la Commission du Contrôle Financier et le nouveau propriétaire de l’établissement pourrait être présent.

Un premier pas vers une réconciliation et une longue route main dans la main vers le succès ? Le doute est permis mais en tous les cas, nous espérons un apaisement, tout au moins pour les salariés qui doivent vivre ces discordes dans le stress certainement, autant que le patron d’ailleurs…

3 commentaires

  1. Grasse, belle ville parfumé !

    Enfin ce n’est pas le sujet ! Je trouve pour ma part que, déplacer le casino serait une excellente initiative.

    Après tout, au delà du rendement financier que cela procurerait, c’est la satisfaction client qu’il faut voir !

    Ceux-là même désirent de meilleures prestations, alors afin de ne pas perdre la clientèle, il serait bon de trouver un terrain d’entente à mon avis.

    Après, je peux comprendre que 240 000 euros a l’année de profit pour la commune ne soit pas négligeable.

    Il va falloir se pencher sur la question et à mon avis, il va y avoir de belles négociations !

  2. Le casino de cette commune reste un bien commun et tout le monde, aussi bien le propriétaire que la mairie doit s’engager pour rehausser son chiffre d’affaires.

    Ce n’est pas dans l’adversité qu’un tel objectif peut être atteint. A qui servent donc ces mésententes qui subsistent présentement ?

    Il est mieux de trouver un terrain d’entente pour le bien-être du bien commun qu’est ce casino, car tout comme le propriétaire de cet établissement, la mairie ne gagne rien dans ce bras de fer que je trouve inutile.

    La mairie ne veut pas voir partir le casino de sa commune qui est une source de rentrées fiscales considérable dans ses caisses. C’est de bonne guerre car n’importe qui n’accepterait pas cela.

    Laisser le propriétaire gérer le bien commun pour l’intérêt de tous, faciliterait les rapports entre les deux parties. Que la raison prévale dans cette crise afin que tout le monde y trouve son compte !

  3. Tiens, un casino en dur qui connaît une croissance, de 15 % en cinq mois qui plus est, c’est assez incroyable par les temps qui courent !

    En tout cas, à ce que je vois, il y a dû avoir des promesses de faites qui n’ont été honorées par aucune des deux parties. Pire, le fait que la nourriture représente la pomme de discorde entre la municipalité et le casinotier relève d’une mauvaise foi assez comique !

    Mais pour le reste, je comprends qu’un casino veuille s’agrandir car ce qui marche aujourd’hui, ce sont les animations et les spectacles au sein des établissements. Et si celui-ci est à l’étroit en centre-ville, impossible de pousser les murs… Maintenant, personne n’a intérêt à ce que le conflit s’envenime au vu des sommes que cela rapporte !

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