Blanchiment d’argent sale au Casino d’Enghien-les-Bains ?

Blanchiment d’argent sale au Casino d’Enghien-les-Bains ?

Une affaire de blanchiment d’argent sale a secoué le premier casino français en terme de chiffre d’affaires implanté à Enghien-les-Bains, dans le Val d’Oise.

Seul établissement de jeux d’Ile de France, le casino appartenant au Groupe Barrière aurait servi à des habitants de Sarcelles et de Villers le Bel à réaliser du blanchiment d’argent. Pourtant, selon cet article, le blanchiment d’argent dans les casinos français ne peut exister !

Plus de 3 millions d’€uros joués à la roulette au Casino d’Enghien… tout en étant au RSA

Un vaste réseau de blanchiment d’argent découvert ? C’est le service d’enquêtes du Ministère des Finances Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins) qui a repéré divers éléments suspects, suffisant toutefois pour alerter le parquet de Pontoise dès le début de l’année 2014.

En effet, plusieurs ressortissants pakistanais installés dans le Val d’Oise ont, à plusieurs reprises, joué des sommes importantes au Casino d’Enghien-les-Bains et ont systématiquement utilisé des espèces. Or, en acquérant parfois pour 40 000 € de jetons avec ce moyen de paiement, ils ne pouvaient qu’attirer l’attention !

Logiquement, une enquête a donc été ouverte et quelle ne fut pas la surprise des individus en charge de celle-ci en découvrant que les personnes suspectées de blanchiment d’argent affirment vivre du Revenu de Solidarité Active (RSA).

Comment est-ce réellement possible d’être bénéficiaire du RSA et d’être en mesure de jouer jusqu’à 40 000 € au casino en une soirée ? Les enquêteurs ont bien évidemment cherché à savoir si un héritage ou un gain maximum à la loterie par exemple pouvait expliquer tout cela… mais il n’en est rien. Par conséquent, difficile pour les 4 individus d’origine pakistanaise de ne pas faire l’objet de soupçons de la part des autorités.

Pour ces dernières, les 4 hommes seraient à la base d’un vaste réseau de blanchiment d’argent opérant sur l’Ile de France. En spécialistes de la fraude, ils assureraient la collecte des chèques auprès de différentes entreprises du secteur du BTP, se procureraient de l’argent liquide via différents comptes bancaires, joueraient au casino puis restitueraient aux entreprises leur argent en espèces afin d’échapper à l’administration fiscale.

Un manque de discrétion fautif ? Il semblerait d’ailleurs que ce petit business sur fond de blanchiment d’argent dans un casino soit rentable tant trois des quatre hommes placés en examen sont devenus des clients réguliers du Casino Barrière d’Enghien-les-Bains et des joueurs aguerris à la roulette.

Si l’on en croit les chiffres de l’enquête, ils auraient ainsi effectué 543 passages au Casino d’Enghien-les-Bains en 15 mois.

Naturellement, ils comptaient parmi les bons clients de l’établissement de jeux tant par l’assiduité que par le montant des sommes jouées, ce qui a permis à deux d’entre eux d’obtenir la précieuse carte VIP à laquelle aspirent de nombreux joueurs.

Il est donc certain que ceux qui sont accusés de blanchiment d’argent dans un casino par la justice n’ont jamais joué la carte de la discrétion.

Entendu par les autorités en qualité de témoin, le directeur des jeux de tables du Casino d’Enghien les Bains a admis avoir « l’impression » de faire face à « des voyous ».

Selon lui, « les montants joués ne correspondaient pas à leur statut social » et il avait la sensation que les joueurs venaient avant tout pour « changer des billets en plus grosses coupures », d’où de nombreuses parties de roulette anglaise puisque ce jeu est celui qui permet d’engranger les plus gros gains.

Le plus gros joueur de la bande, qui apparait d’ailleurs comme le patron de ce réseau de blanchiment d’argent, aurait ainsi écoulé près de 3 millions d’euros au Casino d’Enghien-les-Bains.

Plutôt chanceux, il aurait même dégagé un bénéfice net de 70 000 €. Ces collègues n’auraient pour leur part jouer « que » 500 000 € mais n’auraient pas connu la même verve puisque l’un aurait perdu environ 200 000 € et l’autre 150 000 €.

Depuis la fin de l’année 2014, deux membres du réseau de blanchiment d’argent ne peuvent plus mettre les pieds dans un casino en France. Afin de protéger leur activité, ils avaient tenté un ultime coup en se faisant passer pour des joueurs compulsifs et se faire interdire de casinos.

Mais s’ils espéraient que cette interdiction de casinos marque la fin de leur activité de blanchiment d’argent sale mais surtout de leurs soucis, ils se sont trompés… Incarcérés depuis l’été 2015, ils ont été placés en liberté sous caution en ce début d’année 2016.

Le Casino-d’Enghien-les-Bains n’est pour sa part, nullement mis en cause dans cette affaire puisque l’enquête n’a révélé aucune complicité interne avec les accusés. Bizarre tout de même, non ?

5 commentaires

  1. Je connais très bien le Casino d’Enghien-les-Bains vu que je vais y jouer souvent. Et je peux vous dire que question surveillance, ils sont au top !

    Des caméras de surveillance y sont implantées un peu partout et on y voit plusieurs responsables faire le tour très souvent dans les salles de jeux.

    Donc je comprends pourquoi ce groupe d’escrocs a vite été démantelé car ils n’ont vraiment pas été très intelligents de choisir ce casino si réputé en France !

    En ce qui concerne ces escrocs, ils ont bien été informés vu qu’ils jouaient uniquement à la roulette pour pouvoir empocher de gros gains.

    Il faut savoir que depuis quelques mois seulement, le casino d’Enghien-les-Bains a ouvert une grande plateforme uniquement dédiée aux jeux de la roulette.

    En tout cas, j’espère que leur séjour en prison leur aura servi de leçon et que cela freinera d’autres amateurs de blanchiment d’argent…

  2. Les casinos sont les endroits propices au blanchiment d’argent sale.

    Ces pakistanais ont trouvé l’endroit où ils devaient blanchir leur argent mal acquis. Malgré leur statut, ils ne se sont pas poser mille questions.

    Pour eux, l’objectif était de blanchir le maximum de sous et c’est tout.

    Ce qui paraît curieux dans l’affaire, c’est le comportement du casino d’Enghien-les-Bains qui les accueillait.

    Les responsables de ce casino devaient se poser la question de savoir ce que ces pakistanais faisaient comme activité pour avoir autant d’argent pour venir jouer au casino tous les soirs.

    C’est vrai qu’ils faisaient entrer de l’argent dans les caisses du casino, mais la provenance de cet argent devait être connu au vu de leur statut…

    Le casino, à mon avis, y est pour quelque chose dans cette affaire pour n’avoir pas dénoncé des joueurs aux comportements douteux.

  3. Ces pakistanais ne sont pas très malins ! Bénéficier du RSA et se balader avec autant d’argent pour jouer au casino…

    Pour moi, ce sont des amateurs… Jouer 40 000 € en une soirée est de la folie et pour se faire remarquer, rien de mieux !

    Les casinos connaissent souvent leurs “gros clients”, donc je pense que le casino est aussi un peu responsable de cette situation.

    Et donner un statut “VIP” à l’un des joueurs ? Bizarre…

    Jouer autant d’argent, le casino aurait dû ouvrir les yeux et non ses caisses !

  4. Ces ressortissants pakistanais ont-ils réellement réfléchi à leur statut avant de se lancer dans cette activité illicite qui les a conduit en prison ?

    Sinon être au RSA et avoir autant d’argent pour jouer au casino, ne pouvait qu’éveiller des soupçons.

    Les casinos sont les endroits où les malfrats de cette nature vont toujours pour blanchir l’argent sale qu’il ont acquis dans des activités illicites.

    Mais ici, ces pakistanais même s’ils n’ont pas bénéficié de complicité directe de la part du casino, se sont vus accordés certains privilèges qui ont quelque peut renforcer leur activité illicite.

    Leur comportement suspect je le pense et ça n’engage que moi, devait être dénoncé par le casino d’Enghien-les-Bains afin que soit mis fin à leurs activités avant que trop de dégâts ne soient commis par eux.

  5. C’est vrai que dépenser des milliers d’euros au casino alors que l’on est au RSA, ça ne peut qu’éveiller les soupçons ! A la rigueur, on peut avoir touché un héritage et tout claquer à la roulette, donc c’est théoriquement possible, même si c’est très peu probable…

    Pour l’histoire de la collecte de chèque du BTP et de la restitution en cash, l’article manque de clarté : quelles sont les entreprises ? Comment ces quatre hommes ont-ils pu encaisser ces chèques sans, là aussi, éveiller les soupçons de leur propre banque ?

    Ce qui est paradoxal, c’est l’attitude du casino : d’un côté il octroie un statut VIP à l’un des joueurs et de l’autre il déclare avoir eu la sensation de faire face à des “voyous” une fois le forfait avéré.

    Vous avouerez, ça flaire un peu la mauvaise foi là. Parce que mine de rien, et excepté le joueur qui a dégagé un bénéfice, c’est le casino qui a récupéré les pertes. Bizarre, effectivement !

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